Opus 67
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La résidence seniors de Mertzwiller n’est plus une chimère. Elle démarrera fin août. 27 demandes de logements ont déjà été réceptionnées.

« C’était dans le programme de notre liste aux élections municipales. Nous parlons de construire une résidence seniors depuis le début du mandat, c’est notre grande ambition », se souvient Jean-Claude Strebler, maire de Mertzwiller. Depuis 2014, le projet a connu de nombreuses péripéties. Le premier coup de pioche sera enfin donné à la fin du mois.

En préambule, la commune avait engagé un senior pour quelques mois, afin de mener une enquête auprès des plus de 70 ans. Deux questionnaires leur étaient soumis : l’un traitait des activités et des services auxquels ils souhaiteraient avoir accès, l’autre de l’habitat. « Sur 346 personnes interrogées, 51 se sont dites prêtes à intégrer une résidence seniors. »

 

Même si quitter sa maison reste un effort considérable, ces chiffres montrent une évolution des mentalités. On ne perçoit plus les résidences seniors comme un renoncement à l’autonomie, ou comme un luxe réservé à une élite. L’âge moyen en résidence seniors est de 78 ans. En maison de retraite, il est de 84 ans.

Il n’en faut pas plus pour que le conseil municipal acte le projet en octobre 2014. Il inscrit également Mertzwiller à un appel à projets du Département concernant l’habitat des seniors. La commune est retenue, et sera accompagnée pendant toute la construction du projet par la cellule « Habitat » du conseil départemental.

 

Un comité consultatif est constitué, formé de seniors, d’élus de Mertzwiller et de Mietesheim. Il se réunira huit fois, entre janvier 2015 et juin 2017, animé par le Département. « Nous voulons co-construire, avec les collectivités, les associations, les citoyens. Cela prend plus de temps, mais c’est finalement tout bénéfice pour tous », commente le conseiller départemental Rémi Bertrand.

Sport, jeux, tricot, ateliers culinaires, floraux… De nombreuses activités à destination des seniors s’organisent, bientôt ouvertes à tous. Les habitants se rencontrent, les partenariats se créent. C’est en comité qu’il sera décidé de ne pas intégrer une salle d’activités au projet : la commune en construira une entre la maison de retraite et la résidence seniors, ouverte aux deux structures.

Le terrain est très vite choisi. La résidence s’élèvera rue du Docteur-Schweitzer, dans le « nouveau centre », à proximité des commerces, du futur cheminement piéton vers le moulin, et de la maison de retraite. La commune possède un terrain de près de 26 ares, qu’elle cède à l’euro symbolique, sous forme de bail emphytéotique, au bailleur Opus 67.

 

Les travaux dureront entre 14 et 17 mois

« Nous avons fait dessiner les plans, il s’agira d’une résidence de 20 logements, deux T1, quinze T2 et trois T3 », explique Marc-Olivier Dietrich, d’Opus 67. Le bailleur investit 2,4 millions d’euros dans ce bâtiment de 1 262 m², avec un financement PLUS (prêt locatif à usage social). Il bénéficie d’une subvention de 190 000 euros du Département, et de dispositifs de l’État relatifs au logement aidé.

Mais le premier appel d’offres est infructueux pour certains lots. Cette déconvenue a retardé le projet de plusieurs mois. Le second appel d’offres, en juin dernier, a permis de trouver les entreprises adéquates. La première pierre sera enfin posée d’ici quelques semaines, en août.

Les travaux dureront entre 14 et 17 mois, la livraison est prévue début 2021.

Milieu de l’année 2018, un quatrième acteur est entré dans les débats : l’Arsea, association régionale d’actions sociales. Elle gère une cinquantaine de structures, dont trois résidences seniors. Mertzwiller sera la quatrième. « Nous travaillons déjà avec Opus 67 dans deux résidences. Ils nous font confiance », explique Michaël Napoli, responsable du pôle social et insertion.

« Notre salariée, qui sera la référente de la résidence, rencontre les associations locales et les entreprises pour proposer animations et services aux résidents, comme les livraisons de repas, le ménage à domicile… Elle proposera un accompagnement personnalisé. » Son salaire pendant cette année en amont sera divisé en trois et pris en charge par Opus 67, Arsea et la commune.

La commission qui attribue les logements, composée de représentants des quatre structures, rencontrera les candidats. 27 demandes formelles ont été réceptionnées depuis 2016. Les ressources sont prises en compte : 21 000 euros maximum par an pour une personne seule, un peu plus pour un couple. Le niveau d’autonomie aussi : les locataires doivent pouvoir gérer leurs logements seuls.

Les heureux élus ne pourront pas se porter acquéreurs de leur appartement. Ils payeront environ 6,50 euros le m² de surface utile mensuellement, soit 340 euros pour un T2, hors charges et prestations. Des dispositifs particuliers pourront être installés dans les logements, comme des barres de maintien, pour les adapter à la perte d’autonomie et au handicap.